Haiti: subventionner les prix des produits pétroliers, une opération suicidaire

 

De nombreux dossiers sensibles attendent la nouvelle administration Moise-Lafontant notamment l’épineuse question de la subvention des prix du carburant à la pompe. Comment va-t-elle aborder ce dossier brûlant ? Aura-t-elle la poigne puisssante pour prendre les décisions qui s’imposent ? La tâche s’annonce déjà très lourde pour cette nouvelle administration qui devra adopter des mesures pour redresser l’économie moribonde, sans irriter la population qui fait face actuellement aux difficultés de tout genre.

 

Le constat est clair. Ce gouvernement se trouve dans l’obligation de  prendre en urgence des décisions difficiles et impopulaires. Des mesures devront être adoptées par la nouvelle équipe en vue d’obtenir des ressources financières minimales pour faire face à ses obligations, et améliorer le sort de la population qui vit actuellement dans des conditions socio-économiques catastrophiques. Et, dans la mêlée se trouve la question des recettes fiscales perçues sur les produits pétroliers.

 

Depuis environ 7 ans, l’Etat haïtien s’est engagé dans un cycle de subvention du prix de l’essence à la pompe. Ce qui a créé une situation de manque à gagner et de perte pour le trésor public, affirment des économistes.

 

En effet, selon les chiffres communiqués par le gouvernement précédent, c’est plus de 30 milliards de gourdes qu’a perdus l’État haïtien de 2010 à nos jours. En février 2017, les attentes de l’Etat haïtien en termes de prévisions des recettes fiscales au niveau des produits pétroliers étaient d’à peu près un milliard de gourdes par mois. Ce qui signifie que l’Etat s’attendait théoriquement  à recueillir pour l’année environ 12 milliards de gourdes uniquement sur l’imposition des produits pétroliers. Cependant les recettes effectives pour le mois de février ont été seulement de seulement 9 millions de gourdes.

 

Fort de tout cela, les économistes sont unanimes à reconnaitre que l’Etat haïtien ne pourra plus continuer dans la voie de la subvention de ces produits. Si pour certains cela doit cesser immédiatement, pour d’autres cela doit se faire graduellement. Selon l’économiste Pierre Emile, « il y a une nécessité de réduire au fur et à mesure cette pratique de subvention. Car, les taxes sur le carburant sont des taxes directes et sûres », soutient-il.

 

De son côté, l’économiste Enomy Germain pense qu’il y a urgence.  L’Etat fait face à un grave problème de ressources. Le Petrocaribe a presque disparu. De 20 milliards de gourdes en 2013-2014, dit-il, les fonds Petrocaribe sont passés aujourd’hui à moins de 5 milliards de gourdes. Et de ce fait, l’Etat ne peut plus continuer à subventionner les prix des produits pétroliers sur le marché national.

 

La nouvelle administration éprouvera sans doute de grandes difficultés à gérer ce dossier qu’il hérite de ses prédécesseurs. Mais, à croire ces économistes, il semble qu’elle n’aura d’autre choix que de trouver une formule pour sortir de la logique de subvention.

 

En août 2016, l’administration Privert-Jean-Charles avait échoué dans sa tentative d’augmenter les prix du carburant. L’annonce de cette décision avait suscité de vives réactions de la part des associations de la société civile, de certains partis politiques, et des principaux syndicats de transport qui l’avaient jugée mal venue. Face aux pressions, le gouvernement était obligé de revenir sur sa décision.

 

Anilus Aniel

 

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